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« A Creil, le vélo soulagerait le portefeuille de tout le monde »

publié le : 23 août 2014.

Le Parisien > Actualité > Oise
Propos recueillis par Floriane Louison | Publié le 23.05.2014, 21h24

Creil, fête du vélo 2014 _ Floriane Louison

La fête du vélo a lieu ce week-end dans l’agglomération creilloise. Frédéric Schneider, responsable de l’antenne de Creil de l’AU5V (association des usagers du vélo), coorganisatrice de ce rendez-vous, explique pourquoi il a laissé tomber le volant pour rouler en deux-roues, et détaille ce qu’il préconise pour promouvoir le vélo dans ce territoire où la voiture est reine.
Pensez-vous que le vélo soit un outil pour améliorer la ville ?
Frédéric Scheider. Quand vous allez faire vos courses à Creil, entre les bouchons, le manque de stationnement, les avertisseurs et un espace public peu adapté aux piétons, vous laissez vite tomber. Quitte à prendre sa voiture, autant aller dans la zone commerciale de Saint-Maximin ! Dans un centre-ville piéton et calme, le commerce se porterait mieux. Ce n’est pas un idéal de « bobo ». Le matin, en gare de Creil, vous voyez des habitants arriver à vélo parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter une voiture. C’est pour eux, déjà, qu’il faudrait améliorer la circulation en deux-roues. Ici, les gens ont des difficultés, et leur deuxième poste de dépenses, c’est la voiture ! Le vélo soulagerait le portefeuille de tout le monde.
Vous circulez vous-même dans l’agglomération à vélo. Comment cela se passe-t-il ?
Je gagne de l’argent et du temps. J’ai encore fait le test hier jeudi : de la place Saint-Médard à Creil jusqu’au quartier des Obiers à Nogent-sur-Oise, je suis plus rapide à vélo. Le problème, c’est que les routes ne sont pas toujours adaptées. Il y a quelques aménagements ici et là, comme un « couloir de courtoisie » rue de la République à Creil. Mais il n’est pas réglementaire et les voitures n’y prêtent pas attention. Il y a aussi un garage à vélo vers la gare, mais là aussi, pas pratique et dissimulé. J’ai compté une quarantaine de vélos stationnés dans ce quartier, en journée, mais aucun à cet endroit ! Malgré tout, ces dernières années, je sens une réelle volonté de faire avancer les choses. En juin 2013, la CAC (NDLR : communauté d’agglomération creilloise) a adopté un schéma de circulations douces. Nous avons participé à ce projet, et de nouveaux aménagements devraient voir le jour dès cette année.
Comment expliquez-vous que l’agglomération creilloise soit si en retard dans ce domaine ?
C’est un territoire qui a été pensé pour la voiture, les grands ensembles, les grands parkings, l’industrie automobile. C’est tout un conditionnement collectif. Aujourd’hui encore, lors des travaux de voirie dans l’agglomération creilloise, le vélo est oublié alors qu’une loi de 1998 impose d’inclure les « circulations douces » dans ce type de projet ! Il faut des signes clairs montrant que le vélo est bienvenu en ville. Nous avons été consultés dans le projet de rénovation du centre-ville « gare cœur d’agglo », et c’est ce message que nous voulons faire passer.

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